L’assurance-vie constitue l’un des principaux systèmes de prévoyance auxquels les Français ont recours de nos jours. C’est un terme générique, qui englobe l’assurance en cas de décès, l’assurance en cas de vie et une formule hybride, qui consiste en un compromis entre les deux premiers : certaines clauses du contrat concernent la vie de l’assuré, et d’autres son décès.

En l’occurrence, les assurances vie en cas de décès concernent les proches de la personne qui a souscrit ; il s’agit, pour ainsi dire, d’une épargne de prévoyance, qui permettra aux « survivants » de faire face aux dépenses en l’absence du défunt.

Les assurances en cas de vie, elles, bénéficient à l’assuré : il s’agit en l’occurrence de placer son argent, et de le percevoir sous certaines conditions.

Assurance-vie : une dimension fiscale régie par la loi

Avant d’en dire plus à ce sujet, précisons que ce qui a trait aux assurances est défini dans le Code des Assurances et le Code général des impôts, principalement.

Il s’agit en outre de cadrer la dimension fiscale à travers les textes de loi. Souscrire à une assurance vie permet d’obtenir des abattements fiscaux. Ce dispositif est régulé au sein de l’article 125-0 A du CGI (source).

Comme vous le savez sans doute déjà, la défiscalisation est plus ou moins intéressante selon le moment où vous retirez le produit de votre placement de prévoyance :

  • Avant huit ans (et ensuite), les placements effectués sont exonérés d’impôts, tant qu’ils ne sont pas rachetés par vos soins. C’est un moyen de vous constituer un capital sans qu’il soit frappé par une fiscalisation.
  • Après huit ans, un autre avantage survient. Il est question d’une réduction fiscale de 4600€ (9200€ en cas de double imposition), puis d’un taux de prélèvement revu à la baisse quand vous décidez de toucher votre capital. Plus exactement, l’on passe de 30% à 7%.

    C’est ce qui rend ce placement vraiment intéressant sur le plan fiscal : attendre huit ans, c’est épargner tout en protégeant son argent d’une trop lourde imposition.

En l’occurrence, nous venons de faire référence à l’assurance vie… en cas de vie. Concernant l’assurance vie en cas de décès, c’est un autre type d’abattement fiscal qui entre en jeu : la transmission du capital aux héritiers s’accompagne d’une exonération d’impôts… sachant tout de même qu’il y a des plafonds prévus par la loi.

Il faut maintenant dire quelques mots de l’aspect financier en tant que tel. Quelles sont les différentes possibilités en termes de placement, et quelles sont leurs spécificités ?

Le cadre financier de l’assurance vie

Nous allons nous concentrer sur deux possibilités qui s’offrent à vous au moment de procéder aux placements. En somme, elles ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Il s’agit du fonds euros et des unités de compte.

Le fonds euros

Le fonds euros est, si l’on peut dire, l’approche la plus raisonnable pour un assuré. Contrairement à ce que l’on observe avec les unités de compte, il y a une sécurité dans cette forme de capitalisation : c’est une somme d’argent, tout simplement, qui quantifie le placement. Sa fluctuation est liée au jeu des actions, des obligations et des titres immobiliers, mais un seuil minimum permet de ne pas voir son argent s’envoler.

Les unités de compte

Si vous vous tournez vers les unités de compte, vous misez (pour ainsi dire littéralement) sur une croissance sans doute plus intéressante de votre placement… mais vous prenez également des risques plus importants. En effet, avec ce dispositif, vous pénétrez pleinement les marchés financiers : l’argent que vous versez dans le cadre de votre prévoyance prend des voies différentes, tutoie de secteurs variés, et peut donc fructifier ou, au contraire, subir les caprices boursiers des tendances baissières.

Dès lors, parmi ces deux modèles financiers de placement, c’est forcément le fonds euros qui laisse espérer le moins de rendement ; tandis que les unités de compte s’accompagnent parfois d’une jolie rentabilité.  

Mais alors, comment choisir ? Comment trancher ?

Les critères clés pour une bonne stratégie sur l’assurance vie

Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas foncer tête baissée au moment de souscrire à une assurance-vie. Il convient d’établir une stratégie.

Autrement dit, vous devez définir celle qui correspond le mieux à votre situation personnelle, et qui répond à vos objectifs.

Voici quelques critères qui peuvent vous aider :

  • Votre profil investisseur joue vraiment un rôle. Certains seront séduits par la dimension spéculative des unités de compte. En effet, si les choses se passent bien (car rappelons qu’il y a aussi des risques), les estimations sont fixées à 25-30% de retour sur investissement par année.

    D’autres préfèrent jouer la sécurité, comme on dit dans le langage populaire. Ceux-là se contenteront des 1,5-2% de rendement associé aux fonds euros : c’est nettement moins alléchant, mais plus rassurant.
  • N’oubliez pas de mettre votre épargne de prévoyance en perspective, sur le long terme. Nous vous déconseillons fortement de retirer quoi que ce soit avant les huit ans, notamment. Mieux vaut définir ce qu’on appelle un horizon de placement, et songer à la manière dont une assurance peut vous aider à atteindre vos objectifs de vie.
  • Il est en outre possible de songer à la diversification de vos approches.

    Une partie de vos versements peut alimenter un fonds euros, et l’autre faire l’objet d’une gestion plus complexe.

    En parlant de gestion, renseignez-vous soigneusement sur les maisons de gestion qui proposent de « faire travailler » votre argent ; assurez-vous de leur fiabilité et de leur dynamisme.

N’hésitez pas, dans une logique similaire, à moduler vos placements selon le principe des versements programmés. Cela vous permet de ne pas entrer dans une logique du « tout ou rien » : une partie des versements continue à faire l’objet d’un investissement. C’est particulièrement intéressant lorsqu’un organisme fonctionne en architecture ouverte ; autrement dit, quand il donne accès à une grande variété de titres, et donc d’opportunités financières.

Bien sûr, tout cela suppose une certaine maîtrise des paradigmes bénéfices/risques : plus la stratégie de placement est fine, éclectique et organisée dans le temps… plus vos compétences d’anticipation et de calcul sont mises au défi. C’est pourquoi les plus routiniers préfèrent s’en remettre totalement au fonds en euro.

L’assurance-vie : un modèle de placement qui n’a pas dit son dernier mot

Vous l’aurez compris : l’assurance vie a encore de beaux jours devant elle. Ses nombreuses modalités, les possibilités qu’elle offre en termes de défiscalisation et ses liens avec la spéculation financière multiplient ses atouts, et expliquent son succès.

Faites simplement preuve de sagesse dans vos démarches. Il serait dommage qu’un système de prévoyance devienne une source déficit, n’est-ce pas ?

Catégories : Assurance vie

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *